Jusqu'à ce jour, les éditeurs de presse réalisaient des sites web pour promouvoir leurs journaux. Le site d'information n'avait d'autre objectif que d'élargir la notoriété du titre et de faire vendre du papier. Juste deux ou trois bannières étaient commercialisées pour amortir les coûts d'animation du site. Aujourd'hui, la tendance s'inverse. Les sites de grands titres, comme Le Monde, Libération ou Nouvel Obs, voient naître de sérieux concurrents comme Rue 89, Bakchich ou, bientôt, MediaPart. Ces nouveaux sites ne sont liés à aucun titre et, par conséquent, sont plus libres, plus réactifs, puisqu'allégés de la lourde charge de l'édition papier. Les éditeurs de presse n'ont plus le choix. Soit ils laissent émerger ces nouveaux concurrents, soit ils libèrent leur site web de la tutelle du papier.
Les sites web au service du papier ne sont plus viables. Le champ de bataille s'est déplacé sur le web. Demain, il y a fort à parier que les titres de presse seront essentiellement des sites web dont le papier assurera une synthèse périodique, plus rigoureuse, plus réfléchie. Une sorte de procès verbal de la grande réunion des internautes.
vendredi 28 décembre 2007
dimanche 6 mai 2007
JOURNALISTES ET ANNONCEURS
En moins de vingt ans, les journalistes ont perdu le contrôle des médias au profit des régies publicitaires qui apportent à l'éditeur l'essentiel de ses recettes.
C'est la profession journalistique elle-même qui a créé les conditions de son déclin. Sous pretexte de préserver son indépendance rédactionnelle, elle a refusé de s'intéresser au marketing des médias, elle a dressé un mur entre elle et les annonceurs. Par cette politique de l'autruche, elle a obtenu l'effet inverse : elle a perdu son indépendance et elle ne pèse quasiment plus rien dans la direction des médias. La profession s'est paupérisée, presque prolétarisée. Elle se trouve sous les odres de cadres hybrides, mi journalistes-mi marketteurs, qui font, à longueur de journées, le grand écart entre les deux discours incompatibles d'une rédaction romantique et d'une régie mercantile...
Pour retrouver un véribable pouvoir, les journalistes doivent communiquer avec les annonceurs, mieux les comprendre et mieux se faire comprendre d'eux, même si cette attitude les amène, de temps à autres, à établir un vrai rapport de force pour faire respecter le lecteur. Ils ne doivent plus laisser aux services commerciaux le monopole de la relation avec les annonceurs. Ils ne doivent plus laisser aux commerciaux le monopole du marketing de leur titre.
C'est la profession journalistique elle-même qui a créé les conditions de son déclin. Sous pretexte de préserver son indépendance rédactionnelle, elle a refusé de s'intéresser au marketing des médias, elle a dressé un mur entre elle et les annonceurs. Par cette politique de l'autruche, elle a obtenu l'effet inverse : elle a perdu son indépendance et elle ne pèse quasiment plus rien dans la direction des médias. La profession s'est paupérisée, presque prolétarisée. Elle se trouve sous les odres de cadres hybrides, mi journalistes-mi marketteurs, qui font, à longueur de journées, le grand écart entre les deux discours incompatibles d'une rédaction romantique et d'une régie mercantile...
Pour retrouver un véribable pouvoir, les journalistes doivent communiquer avec les annonceurs, mieux les comprendre et mieux se faire comprendre d'eux, même si cette attitude les amène, de temps à autres, à établir un vrai rapport de force pour faire respecter le lecteur. Ils ne doivent plus laisser aux services commerciaux le monopole de la relation avec les annonceurs. Ils ne doivent plus laisser aux commerciaux le monopole du marketing de leur titre.
mercredi 2 mai 2007
EN FINIR AVEC LE MONOPOLE DU QUANTITATIF
Pour l’ensemble médias, les critères quantitatifs (contrôle de tirage, sondages d’audiences) orientent l’essentiel des budgets publicitaires et fixent le volume des aides publiques distribuées sous forme de réduction de frais postaux. Cette logique exclusivement quantitative favorise l’éclosion des journaux gratuits ou bon marché et tire la presse vers le bas. Ce système produit toujours plus pour sur-diffuser des informations partout identiques. Quant à l’argent public, il soutient des titres de presse de moins en moins soucieux de la qualité de l’information.
"Comment faire autrement ?" disent les éditeurs acquis ou résignés à ce système. "Comment établir des critères de jugement qualitatif ? Ne serait-il pas dangereux de laisser une organisation quelle qu’elle soit décider de ce qui est bon ou non pour le lecteur ?"
Cette préoccupation démocratique est honorable mais il existe bel et bien une profession dont la mission consiste précisément à définir ce que le lecteur doit savoir, c'est la profession journalistique. Il faut donc doter les journalistes d'un moyen fiable et sécurisé pour leur permettre d'évaluer eux-mêmes, collectivement, la qualité des médias qu'ils sont à même d'observer.
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